Insidious


de James Wan. 2010. U.S.A. 1h33.
Avec Patrick Wilson, Rose Byrne, Barbara Hershey, Ty Simpkins, Andrew Astor, Lin Shaye, Leigh Whannell, Angus Sampson, Corbett Tuck.
Sortie en salles en France le 15 Juin 2011.  U.S.A: 01 Avril 2011.
FILMOGRAPHIE: James Wan est un producteur, réalisateur et scénariste australien né le 27 Février 1977 à Kuching (Malaisie), avant de déménager à Perth (Australie). 2004: Saw, 2007: Dead Silence, Death Sentence, 2010: Insidious.
Précédé d’une réputation élogieuse selon certaines sources envers son pays d’origine, produit par le réalisateur Oren Peli (responsable du documenteur Paranormal Activity qui avait traumatisé Mr Steven Spielberg et rendu hilare 98 % de la population !), le nouveau film de James Wan est un pseudo remake à peine déguisé du fameux Poltergeist, classique festif du film de demeure hantée des années 80. Épaulé par son scénariste attitré Leigh Whannell, le réalisateur a récemment affirmé qu’il avait décidé de concocter ce type de métrage au budget restreint pour avoir l’opportunité d’être invité à un festival spécialisé assouvi au genre fantastique. Sa devise primordiale : foutre les pétoches aux spectateurs afin de réinventer la peur au cinéma !
Un jeune couple et trois de leurs enfants emménagent dans une nouvelle demeure attrayante. Un soir, l’aîné parti batifoler dans le grenier trébuche incidemment sur une vieille échelle. Durant la nuit, le jeune garçon tombe dans un profond coma auquel les médecins décontenancés n’auront aucune explication plausible à diagnostiquer face à cet incident aussi improbable. Très vite, des évènements surnaturels vont se manifester dans la maison pour tourmenter leurs occupants.
Sur le principe ludique d’attiser la peur par le biais d’un argument fantastique, Insidious empreinte irrémédiablement au canevas établi par le duo Spielberg/hooper, responsables de l’un des plus célèbres films de maison hantée, Poltergeist. Un enfant sombre dans le coma alors que des forces surnaturelles vont se déchaîner sur leurs occupants. Les parents terrifiés décident rapidement d’emménager dans une autre demeure mais d’autres incidents encore plus néfastes vont à nouveau rendre leur vie impossible. Ils font donc appel à une équipe de parapsychologues confirmés pour leur enseigner que l’enfant est retenu dans une dimension parallèle alors que des fantômes malfaisants profitent de son voyage astral pour s’efforcer de rentrer dans le monde des vivants. Un lutte infernale s’engage entre les vivants contre les morts récalcitrants afin d’extraire et ramener l’enfant des forces de l’au-delà.

Avec une économie de moyens minimalistes, James Wan a décidé de reprendre les poncifs inhérents au film de demeure hantée fondés sur la peur et la surenchère spectaculaire. Dès le préambule, une ambiance angoissante savamment entretenue est distillée au compte goutte par l’habile exploitation des recoins nocturnes d’une vaste maison abritant une entité malfaisante. Bruits étranges dans la nuit, chuchotements à travers l’interphone du bébé, hurlements d’enfant, apparitions fantomatiques de personnages moribonds, alarme de maison soudainement enclenchée ! Des situations rebattues et balisées comme s’il en pleuvait que l’amateur d’épouvante connaît sur le bout des ongles. Et pourtant, l’ambitieuse entreprise de James Wan est de consentir à se réapproprier de ces stéréotypes pour les réinventer dans la maîtrise d’une mise en scène assujettie à la quête anxiogène, fondée sur le réalisme rigide d’éléments fantastiques. Avec dextérité par le refus d’outrance ou de gratuité grand-guignolesque, la fonction essentielle du metteur en scène est de vouloir convaincre à tout prix le spectateur rationnel embarqué dans un véritable train fantôme de l’horreur ! Car il faut savoir que chaque évènement surnaturel n’est pas bêtement simulé pour épater facilement le spectateur impressionné. La trame est orthodoxe mais irrésistiblement fascinante, intense, dense et surtout convaincante dans cette faculté finaude de remodeler les effets escomptés de la peur sous pellicule. Les parents ne sont pas des abrutis décervelés caricaturaux à envisager rester cloîtrer dans leur maison pendant 1h30 pour se laisser appâter par l’artillerie lourde d’évènements horrifiques percutants ou grotesques. A peine les insidieux incidents sont perpétrés de manière récurrente que le couple décide de façon formel à quitter leur foyer pour s’installer dans un autre pavillon éloigné !
Privilégié par des comédiens rigoureux à la trogne photogénique sans esbroufe (les parents interprétés par Patrick Wilson et Rose Byrn sont épatants de sobriété !), le réalisateur réussit d’autant plus à authentifier et renouveler une histoire contemporaine de maison hantée habilement exposée. En exemple, la séquence qui voit le signal d’alarme de la maison subitement activé pour délivrer un son assourdissant joue habilement d’une bande son irritante quasi insupportable pour mieux nous déstabiliser. Tandis que les personnages anxieux et affolés vont rechercher désespérément le potentiel intrus de la maison puisque la porte d’entrée est retrouvée grande ouverte ! Après que la sonnette d’alarme soit désactivée, un autre évènement pernicieux tout aussi inopiné va réenclencher ce son strident éreintant et rappeler à l’ordre du spectateur le potentiel danger alerté.

Toute la première partie est habilitée à nous piéger dans un climat d’angoisse davantage oppressant favorisé par l’angoisse tangible de l’état terrifié des protagonistes aussi dubitatifs de prime abord que finalement contraints d’accepter l’improbable. Avec une économie de moyens, la seconde partie pleine de vigueur dans ces péripéties débridées nous invitent à un fascinant voyage aussi flamboyant que ténébreux dans la plénitude d’une macabre quatrième dimension totalement immersive, fascinante de beauté gothique et funèbre.
ATTENTION SPOILER !!! Quand à son effroyable épilogue nihiliste, il va enfoncer le clou dans la terreur vindicative et risque d’en rebuter plus d’un dans son refus du happy-end rédempteur pour mieux nous quitter dans une situation alerte au goût amer et acéré.
FIN DU SPOILER.
POLTERGEIST 2011. Parfaitement interprété par des jeunes comédiens au teint naturel austère et n’éludant pas certaines pointes d’ironie pour certains autres (les 2 parapsychologues hébétés, chasseurs de fantômes du dimanche sont accoutumés d’une tenue caricaturale de costard cravate), Insidious est une fois encore une nouvelle réussite d’un jeune réalisateur entièrement voué à respecter le genre fantastique dans une conviction absolue de rendre rationnel les évènements inexpliqués exposés. La peur est une denrée devenue si rare au cinéma et James Wan, s’il ne réalise pas le chef-d’oeuvre implacable, a tout de même réussit à nous a offrir un petit must par moment rééllement effrayant, ultra jouissif et toujours captivant. L’extrême efficacité de la réalisation octroyée d’un si petit budget découle d’une généreuse envie de combler le spectateur avec intelligence, sans redondance pour ne jamais céder à l’artillerie puérile ou niaise d’effets-spéciaux dantesques. Et quel plaisir de retrouver l’inoubliable interprète du film notoire l’Emprise, Barbara Hershey dans un rôle clin d’oeil !
Critique faite par : Bruno Dussart

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